Hassan Nasrallah s’exprime sur la bataille d’Alep

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 23 décembre 2016  (VOSTFR)

Traduction : http://www.lecridespeuples.fr

Transcription :

Nous allons parler un peu d’Alep et de la situation générale en Syrie, et consacrer du temps à ce sujet car cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé de la Syrie et que nous n’évoquons que la situation interne au Liban. De même, sur la question syrienne, sur Alep et les derniers événements, j’ai plusieurs points à adresser.

Premier point : tout le monde a évidemment suivi les informations durant les derniers mois, les événements, offensives, guerres, combats, etc. à Alep. Mais si on considère la situation dans son ensemble, dans une perspective générale depuis le cœur du terrain, je veux vous dire ainsi qu’aux téléspectateurs que ce qui s’est passé à Alep durant les 3-4 derniers mois est une véritable guerre, l’une des guerres les plus violentes en Syrie et même dans la région depuis des années. Ce qui s’est passé n’était nullement quelque chose de commun, en aucun cas.

Les pays qui soutiennent les groupes armés ont amené des dizaines de milliers de combattants. Les batailles qui se déroulaient à Alep-Ouest et au Sud avec ces groupes armés n’étaient pas seulement contre l’opposition syrienne. Il y avait des nombres considérables de Turcs, d’Ouzbeks, de Tadjiks, de Tchétchènes et de peuples d’Asie Centrale qui combattaient. Des dizaines de milliers de combattants ont participé aux batailles de ces derniers mois, parmi lesquels des centaines de kamikazes qui se sont fait exploser. Dans chaque affrontement, il n’y avait pas seulement 1 ou 2 kamikazes, mais bien 10 ou 20 de manière simultanée. Bien sûr, je ne parle pas de kamikazes avec des ceintures d’explosifs. Ils montaient dans des véhicules avec 3, 4, 5 tonnes (d’explosifs), et ils fonçaient sur les lignes de front ou les premiers bâtiments où se trouvaient l’armée syrienne ou les autres combattants (alliés).

Imaginez-vous donc, à partir de ces scènes de kamikazes attaquant par vagues avec des tonnes d’explosifs, ce qu’a été l’ampleur de la résistance (des alliés). Des centaines de fanatiques qui ne commettent pas d’attentat-suicide mais attaquent de manière suicidaire. Des armes tactiques, des capacités et des sommes considérables, des tanks, des blindés, des véhicules armés… De l’argent illimité, de la propagande continue… Ainsi, ce qui s’est déroulé à Alep, pour que l’image soit claire pour tous, est une bataille continue, quotidienne, des combats d’une violence extrême, sur lesquels ont parié tous les pays qui soutiennent le projet adverse, bâtissant leurs rêves et illusions.

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Hollande fut le pantin absolu


Par Ramin Mazaheri

Le 2 décembre 2016

Source : http://thesaker.is/hollande-was-the-ultimate-patsy

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Le monde peut maintenant dire « A plus, François Hollande, on t’a à peine connu. »

Hollande, après tout, était un politicien de niveau purement national lorsqu’il a remporté l’élection. Sa plus grande réalisation était d’avoir dirigé le Parti socialiste pendant 11 ans, jusqu’à ce que son ex-compagne Ségolène Royal perde contre Nicolas Sarkozy en 2008.

Les points communs entre Hollande et l’ancienne première dame américaine Hillary Clinton vont bien plus loin que le fait d’avoir un Président pour partenaire (presque, dans le cas de Royal). Tant Hollande que Clinton étaient des créations du « Parti », de même qu’Hillary était le choix du Parti 4 ans plus tôt, en 2008, mais elle a perdu face à un sénateur du Midwest méconnu et beau parleur [Obama].

Mais on peut au moins dire que le monde avait vu Hillary en action, alors qu’Hollande n’avait jamais occupé de poste ministériel majeur ni un quelconque poste international. En plus de diriger le Parti socialiste, il était surtout connu pour être le maire de Tulle, 15 396 habitants.

Mais en 2012, Hollande a été le choix du parti, pour en fin de compte entrer dans l’histoire comme un pantin.

À l’échelle nationale, il a été sacrifié sur l’autel du Parti dominant. Cela n’a certainement pas commencé avec sa récente abdication, mais dure depuis qu’il a accepté l’austérité.

Au niveau international, Hollande était un pantin pour trois groupes: les richissimes et insatiables 1%, la force centripète basée à Bruxelles et la troïka européenne. Ces pouvoirs interconnectés contrôlaient Hollande aussi efficacement que n’importe quelle marionnette, même si le Président français a plus de pouvoir exécutif que tout autre dirigeant occidental.

Il est le Président le plus impopulaire de l’histoire, et il a reconnu sa défaite avant même de se présenter à la réélection – il n’aurait jamais pu être ne serait-ce que prétendant. C’est vraiment un exploit rare dans les démocraties occidentales : au moins, le non-élu Gerald Ford [vice-Président de Nixon, Président après sa démission] peut dire qu’il a essayé de gagner en 1976, mais a été battu.

Hollande aurait dû prévoir que ce serait le prix à payer… si son plan directeur était de faire immédiatement un revirement à 180 degrés et d’instaurer l’austérité jusqu’à son extrémité amère.

Il ne devait pas nécessairement en être ainsi : après quelques années d’austérité, lorsque les taux d’emprunt de la France ont atteint des niveaux historiquement bas, il aurait pu dire que la « fée de la confiance » de la haute finance avait été apaisée. Les dieux de la haute finance ont prêté à la France à moins de 1% depuis 2012 (ils prêtent actuellement à un taux d’intérêt de référence de 0,75%).

Mais Hollande a recouru à la règle arbitraire de Bruxelles refusant des déficits budgétaires de plus de 3% pour faire passer un budget d’austérité chaque année, en plus du budget annuel final de Sarkozy. Hollande n’a rejeté les dictats de Bruxelles qu’à la toute fin, citant la nécessité de plus grandes dépenses de sécurité (militaire) dans le sillage de l’hystérie anti-terroriste.

Cela a-t-il marché ? Eh bien, cela a bien marché pour les riches : les dividendes sur actions ont atteint un record européen au deuxième trimestre de 2014. Mais ce n’était pas assez pour les amener à soulager l’échec de l’austérité.

Hormis les actionnaires, cela a-t-il fonctionné pour quiconque ? Bien sûr que non, et c’est bien cela le néolibéralisme, après tout. Le chômage a continué de grimper à des niveaux record (plus de 10%), les inégalités se sont creusées, la pauvreté a atteint de nouveaux sommets, la croissance économique est restée à des niveaux de récession, et la liste continue. Le néolibéralisme, comme le savent tous ceux qui sont attentifs, ne tient pas compte des faits ni des résultats pour servir la ferveur de ses adhérents.

Et le peuple méprisait Hollande. Une cote d’approbation de seulement 4% est pratiquement inégalée par quelqu’un qui n’a pas été forcé de quitter la présidence ou déposé par un coup d’État.

Mais Hollande l’a fait de toute façon, et s’éclipse maintenant dans l’infamie. À moins d’avoir une famille vraiment grande à Tulle, il ne peut probablement pas même être réélu là-bas.

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Yves Calvi : « Nous participons à la naissance des djihadistes et assassins de demain »

Éric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, dénonce la désinformation sur la Syrie et le Yémen dans les médias français, ainsi que les conséquences dramatiques de ces mensonges (21 décembre 2016, LCI)
 
Transcription :
 
Eric Dénécé : Un autre point me paraît tout à fait important de signaler, c’est ce qui se passe à Alep en ce moment. Parce que là, on est à mon sens sur une falsification de l’information qui est énorme. Bien sûr qu’il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d’Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu’ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.
 
Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?
 
Eric Dénécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas des victimes innocentes qui périssent mais j’insiste sur ce point…
 
Yves Calvi : Il y a bien une ville qui est détruite quand même.
 
Eric Dénécé : Non. Il y a un tiers du quartier d’Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et j’insiste, c’est un tiers de la ville dans lequel des djihadistes dangereux sont présents. Et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd’hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l’autre jour nous disait la chose suivante : il nous disait qu’en Syrie, il y a des tas d’endroits où les choses se passent bien. C’est vrai qu’on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l’été dans des bungalows  à Lattaquié au bord de la mer…
 
Yves Calvi : Je rappelle que c’est une situation qu’on a connue notamment au Liban.
 
Eric Dénécé : Voilà, donc le pays n’est pas à feu et à sang. Au Yémen, c’est totalement différent, il n’y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lequel des combats n’aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c’est que nous avons eu dans les années 90, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile qui a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, c’est-à-dire 10% de la population. On n’en parle pas non plus. Donc aujourd’hui, le focus qui est mis sur la Syrie d’une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu’on défende Bachar al-Assad, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d’extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd’hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d’Alep est une motivation pour passer à l’action.
 
Yves Calvi : Comment expliquez-vous justement cette situation, ce manque de lucidité ? En l’occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l’a été à ma surprise aussi en partie très largement par les invités de l’émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep, donc…

« There were no green buses in Gaza » : Former UK ambassador to Syria debunks Aleppo propaganda (BBC)

BBC Radio Interview with former UK Ambassador to Syria, Robert Ford, December 21st, 2016

Source:  http://www.bbc.co.uk/programmes/b08558fk(33,34 to 39,54)

Transcript:

Presenter : Peter Ford was the UK’s Ambassador to Syria from 2003 to 2006. Peter Ford, do you think it’s time for a re-think?
Ford : Absolutely. It’s way overdue. We have clung for too long to the illusion that the so-called ‘moderate opposition’ would overcome Assad. Surely now, with the Government’s recovery of Aleppo, the veils should fall from our eyes and we should look reality in the face: Assad is not going to be removed by force of arms or at the negotiating table. What Britain should do now is three things: we should stop supporting a failed and divided opposition; we should start to try to help the people of Syria by lifting sanctions; and we should be working with the Russians on an overdue political settlement.
Presenter : But the political settlement as we know for many leaders in the Western World does not include Assad in its calculations. Boris Johnson for example, the Foreign Secretary, in September of this year saying he can have no part in the future government of Syria because as long as Assad is in power in Damascus, there will be no Syria to govern. Downing Street [the home of the UK’s Prime Minister] saying just earlier this month « the barbaric cruelty shown by the Syrian regime forces shows that President Bashar Assad (sic) has no place in the country’s future.
Ford : Yes, but this is absurd. It’s quite absurd. Assad is in control of over 80% now of the populated area of Syria. There is no reason why, in the months to come, he and his forces will not take the remaining 10, 15 and eventually 20%. He will then be in total control of the country. Of course there will be remaining groups who are not happy, after which, in the whole of recorded history has there ever been a protracted civil conflict like this that left everybody happy under one ruler? There is no Syrian [Nelson] Mandela. There is no leader. Could we even put a name to one opposition leader who would step into Assad’s shoes? It’s absurd. It’s grotesque. It shows that Boris Johnson and Theresa May have lost grip on reality. Now Donald Trump is coming in and if he carries out what he said he’ll carry out he will normalise relations with Russia, he will prioritise the fight against ISIS in Syria, and he will stop working for the overthrow of Assad. When are we going to smell the coffee?

L’ancien ambassadeur UK en Syrie sur Alep : « Il n’y avait pas de bus d’évacuation à Gaza »

Interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie, le 21 décembre 2016 (BBC Radio 4)
Transcription :
Journaliste : Durant les dernières heures, l’évacuation d’Alep a repris sous de fortes neiges. L’ONU confirme que les bus ont recommencé à circuler, transportant les gens à l’extérieur de la partie Est d’Alep. Les forces gouvernementales syriennes sont à l’arrêt, dans l’attente d’avancer vers la dernière enclave rebelle, scellant ainsi la plus grande victoire du Président Assad à ce jour dans cette guerre. Cela signifie-t-il qu’il est temps pour le Royaume-Uni de reconsidérer son soutien continu pour la soi-disant « opposition armée modérée » au Président Assad ? Doit-il reconsidérer sa perspective selon laquelle le Président Assad ne doit jouer aucun rôle dans le futur de la Syrie ? Peter Ford fut l’ambassadeur britannique en Syrie de 2003 à 2006. Peter Ford, pensez-vous qu’il est temps de reconsidérer les choses ?
Peter Ford : Absolument, il serait grand temps. Nous nous sommes accrochés bien trop longtemps à l’illusion selon laquelle la soi-disant opposition modérée allait vaincre Assad. C’est maintenant évident avec la reconquête d’Alep par le gouvernement, il faut cesser de nous voiler la face et nous devrions regarder la réalité telle qu’elle est : Assad ne sera pas renversé par la force des armes ni à la table des négociations. Le Royaume-Uni doit à présent faire trois choses. 1/ Nous devons cesser de soutenir une opposition en déroute et divisée. 2/ Nous devons commencer à venir en aide au peuple syrien en levant les sanctions. 3/ Nous devons travailler avec les Russes sur un règlement politique de la situation qui aurait dû se produire il y a longtemps déjà.
Journaliste : Mais comme nous le savons, pour beaucoup de dirigeants occidentaux, le règlement politique de la situation ne laisse pas de place à Assad. Boris Johnson, le Secrétaire d’Etat des Affaires Etrangères, a déclaré au mois de septembre dernier qu’il ne peut jouer aucun rôle dans le futur gouvernement de la nouvelle Syrie car tant qu’Assad sera au pouvoir à Damas, il n’y aura pas de Syrie à gouverner. Downing Street [le cabinet du Premier Ministre] a déclaré plus tôt ce mois-ci que la cruauté barbare dont ont fait preuve les forces du régime syrien démontrent que le Président Bachar Assad (sic) n’a aucune place dans le futur du pays.
Peter Ford : Oui, mais c’est absurde. C’est vraiment absurde. Assad contrôle maintenant plus de 80% des zones habitées de Syrie. Il n’y a aucune raison pour que dans les mois à venir, lui et ses forces ne reprennent pas les 10, 15 voire 20% restants. Il sera alors le maître absolu du pays. Bien sûr, il y aura toujours des groupes mécontents de la situation. Mais dans toute l’histoire écrite de l’humanité, y a-t-il eu une seule guerre civile d’une telle durée après laquelle tout le monde ait été satisfait d’un dirigeant ? Il n’y a pas de [Nelson] Mandela syrien. Il n’y a aucun [autre] dirigeant. Pouvez-vous me nommer ne serait-ce qu’un chef de l’opposition qui pourrait assumer le rôle d’Assad ? C’est absurde. C’est grotesque. Boris Johnson et Theresa May ont perdu contact avec la réalité. Donald Trump va prendre la relève, et s’il fait ce qu’il a annoncé, il va normaliser les relations avec la Russie, donner la priorité à la lutte contre Daech en Syrie et cesser d’œuvrer au renversement d’Assad. Quand allons-nous nous réveiller ?

Bachar Ja’fari : des officiers US, israélien et du Golfe essayent de fuir Alep-Est (VOSTFR)


Conférence de presse de Bachar Ja’fari, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le 19 décembre 2016, suite au Conseil de Sécurité

Traduction : http://www.lecridespeuples.fr/  
  


Transcription : 
Bachar Ja’fari : Bonjour à tous. Je tiens à faire la déclaration suivante après l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 : l’insistance de la France et du Royaume-Uni pour présenter et adopter [à huis-clos] une telle résolution ne constitue qu’un nouvel épisode de la propagande continue contre la Syrie et son combat contre le terrorisme. Nous respectons les résolutions du Conseil de Sécurité, mais nous sommes conscients du but véritable de leurs efforts qui consiste à protéger les terroristes – je vais vous expliquer pourquoi dans un instant – et non le peuple syrien.  Surtout après que la situation soit devenue claire et qu’Alep ait été libérée des groupes terroristes.
Je voudrais partager avec vous (cette information) : en ce moment même, les derniers terroristes dans certains districts d’Alep-Est évacuent leurs bastions, et ce soir même, Alep sera nettoyée. Le gouvernement syrien ne s’oppose pas à l’adoption de toute résolution qui respecte le droit humanitaire international, et (garantit) la protection des civils, ou vise à fournir aux civils une assistance médicale ou alimentaire, ou de protéger les installations médicales et éducatives.
Nous précisons cela car le gouvernement syrien, jusqu’à présent, fournit 80% de l’assistance humanitaire apportée à l’ensemble de notre peuple dans toute la Syrie, et en particulier aux civils qui sont toujours – espérons que ce soir, il n’y aura plus de civils – dans certains districts d’Alep-Est. L’ONU ne fait pas son travail correctement. Pour être concret, ces tâches constituent le devoir essentiel du gouvernement syrien envers ses citoyens, et il les a menées à bien durant les cinq dernières années.
Nous nous opposons aux tentatives de certains Etats membres de préparer et soumettre, sous une couverture humanitaire, des résolutions insidieuses formulées en termes vagues et en phrases alambiquées qui ont plus d’une interprétation, avec l’intention d’exploiter ces résolutions dans des objectifs inavouables, à savoir légitimiser l’interférence étrangère et le renversement par la force d’un gouvernement légitime, ou même l’emploi de la force militaire. Ce genre de résolutions peut avoir beaucoup d’objectifs autres que les visées humanitaires annoncées. Nous nous souvenons tous de ce qu’ils ont fait à l’Irak, à la Libye et à d’autres pays, et (toujours) sous la couverture d’objectifs humanitaires. En Libye, ils voulaient (censément) protéger les civils : ils ont entièrement détruit le pays et transformé la Libye en plaque tournante internationale du terrorisme. L’Irak… il est inutile d’en parler.
Le gouvernement syrien, dans le cadre de son action humanitaire, a accueilli plus de 100 000 civils venus des districts d’Alep-Est entre le 26 novembre et le 14 décembre. De plus, le gouvernement a répondu à tous les besoins de ces civils, y compris l’assistance médicale. Il est nécessaire de souligner que le gouvernement syrien a fourni 80%, comme je l’ai dit, de la nourriture et de l’assistance d’urgence à ces familles, tandis que les organisations des Nations Unies n’en ont fourni que 20%, à peine 20%. Le gouvernement syrien exige à cet égard que les agences des Nations Unies jouent leur rôle et aident les habitants syriens d’Alep. Qu’ils les aident par des actes, et non par des paroles.
Le gouvernement syrien a accepté d’évacuer les groupes armés illégaux et leurs familles d’Alep. De nombreuses personnes appartenant aux prétendues familles des terroristes ont quitté les bus qui les transportaient vers l’extérieur d’Alep pour rejoindre l’Armée Arabe de la République de Syrie et les zones contrôlées par le gouvernement. De nombreux membres de leurs propres familles ont décidé d’eux-mêmes de quitter les bus et les ont quittés, et nous avons les images, les vidéos, Youtube, Whatsapp, tout ce que vous voulez, ce qui prouve et corrobore ce dont nous parlons. Cela est très révélateur, Mesdames, Messieurs.
Cependant, les groupes terroristes armés ont à maintes reprises violé les termes de cet accord, en essayant d’emmener un certain nombre de prisonniers et de dépouilles de martyrs (de l’Armée syrienne) avec eux, ou de partir avec leurs armes à moyenne portée. Selon l’accord conclu avec eux, les terroristes devaient quitter leurs bastions en emportant seulement leurs armes légères, et sans emmener aucun otage avec eux, aucun corps de martyr. Ils n’ont pas respecté ces clauses de l’accord et ont emporté leurs armes à moyenne portée et de nombreux soldats et civils syriens kidnappés avec eux, ainsi qu’un grand nombre de dépouilles de martyrs. Telle est la raison pour laquelle toute l’opération a été arrêtée hier.

Bashar al-Assad’s message to Syrians after the liberation of Aleppo

December 15th, 2016

Source: https://www.youtube.com/watch?v=tC3W22sy2vs
Translation: http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcript :

What happened in Aleppo can be described as follows: time and History are linked,but people don’t remember time, they remember History. And time turns into History when the great events around the world decide to turn time into History.

We say before the birth of our Master Jesus Christ, and after his birth. We say before the revelation to our Master the Prophet of God, and after the Revelation. History is not the same before and after these major events. We differentiate the world political situation before the fall of the Soviet Union and after, as well for the two World Wars, etc.

I think that after the liberation of Aleppo, we will talk about the situation in Syria and in the world as different before the liberation of Aleppo, and after its liberation. Here, time turned into History. Aleppo turned time into History. The people of Aleppo by its resistance, the Syrian Arab Army by its courage and sacrifices, and all the Syrian citizens who stood by Aleppo, their country and homeland, all those that stood by truth.

History itself is being drawn, bigger than all the congratulations that we could address, people are glad all over the world, and this happiness and these congratulations are all around the social networks. I will not repeat these congratulations, but stress that what happens is the Book of History, being written by every Syrian. This book is not written from today, but has been written since 6 years, when the war on Syria started.

Message de Bachar al-Assad aux Syriens après la libération d’Alep


Le 15 décembre 2016

Source : https://www.youtube.com/watch?v=tC3W22sy2vs

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr



Transcription : 

Ce qui se passe à Alep peut être décrit ainsi : le temps et l’Histoire sont liés, mais on ne se souvient pas du temps, on se souvient de l’Histoire. Et le temps se transforme en Histoire lorsque les grands événements mondiaux décident de transformer le temps en Histoire.
Nous disons avant la naissance du maître Jésus-Christ et après sa naissance. Nous disons avant la Révélation à notre maître le Prophète de Dieu, et après la Révélation. L’Histoire n’est pas la même avant et après (ces événements marquants). Nous distinguons la situation politique (mondiale) avant la chute de l’Union soviétique et après, de même pour les deux guerres mondiales, etc.
Selon moi, après la libération d’Alep, on parlera de la situation en Syrie et également dans le monde comme distincte avant la libération d’Alep et après cette libération. Ici, le temps s’est transformé en Histoire. Alep transforme le temps en Histoire. Le peuple d’Alep par sa résistance, l’Armée Arabe Syrienne par son courage et ses sacrifices, et tous les citoyens syriens qui se sont tenus aux côtés d’Alep, de leur pays et de leur patrie, tous ceux qui se sont tenus aux côtés de la vérité.
C’est là l’Histoire même qui se dessine, plus grande que toutes les félicitations qu’on pourrait adresser, et le monde entier s’en félicite, et tous les réseaux sociaux font transparaitre cette joie et ces félicitations. Je ne vais pas répéter ces félicitations, mais souligner que ce qui se passe est le Livre de l’Histoire, qu’écrit tout citoyen syrien. Ce Livre ne s’écrit pas depuis aujourd’hui, mais depuis bientôt 6 ans lorsque la guerre contre la Syrie a commencé.

Hassan Nasrallah : voeux aux musulmans et aux chrétiens (VOSTFR)


Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 9 décembre 2016

Traduction : http://www.lecridespeuples.fr/


Transcription : 

[…] Avant de commencer mon propos, je me dois d’évoquer les fêtes et occasions grandioses prochaines. Dans quelques jours [12-17 Rabi’ al Awal / 1217 Décembre], on célèbrera l’anniversaire de la naissance du Sceau des Prophètes, le plus éminent des Prophètes de Dieu, Muhammad b. Abdallah, paix et bénédictions de Dieu sur lui et sa famille, puis quelques jours après, on célèbrera la naissance bénie de notre maitre le Messie [Jésus-Christ], la paix de Dieu sur lui.


En ces deux occasions grandioses, je m’adresse à tous les musulmans et à tous les chrétiens, pour les féliciter en ces jours de fête, et je demande à Dieu que ces deux fêtes et occasions prochaines annoncent la naissance de situations et de conditions nouvelles qui apporteront leurs bienfaits à tous en tous domaines. 
Il ne fait aucun doute que les musulmans et les chrétiens, ensemble dans cette région, pendant des décennies et surtout durant ces dernières années, font face à des défis, que ce soit sur les plans de la civilisation ou de l’existence, en commençant par la Palestine, où la présence chrétienne a été ciblée (par l’occupant sioniste), et qui cible aujourd’hui le reste des Palestiniens, musulmans et chrétiens, ainsi que les lieux saints de l’Islam et du christianisme qui sont toujours menacés, jusqu’à l’interdiction de l’appel à la prière, à quoi ont dû faire face les musulmans et les chrétiens en Palestine (occupée), tant dans les mosquées que dans les églises, et c’est ce qui est l’objectif (pour l’occupant).

Jusqu’en Irak, en Syrie, au Nigéria, dans tout lieu de la région où la civilisation islamique et chrétienne est présente et menacée, les églises et les mosquées, les vestiges historiques, tout cet héritage civilisationnel, en plus (des menaces) sur la présence humaine, (des attaques) contre la vie, l’honneur et les biens, exposés aux deux grandes menaces dans la région, la menace israélienne en Palestine et dans la région, ainsi que la menace takfirie, au sujet desquelles il est apparu, durant les dernières années, que les Etats-Unis, malheureusement, ainsi que certains pays occidentaux, les protègent et les soutiennent, les financent et les assistent, et c’est ce qu’a reconnu le Président américain élu M. (Donald) Trump depuis un an durant la campagné présidentielle et avant lui, Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis, l’avait reconnu lui aussi, et les e-mails d’Hillary Clinton [publiés par Wikileaks] l’ont bien démontré, de même que les aveux des grands responsables sécuritaires, militaires et diplomatiques américains.

Quoi qu’il en soit, nous faisons aujourd’hui face à ce défi, et nous espérons que les fêtes qui arrivent constituent une occasion pour la réconciliation, la rencontre, l’assistance et l’avancement,face à ces menaces existentielles et civilisationnelles. Et il n’y a pas d’autre choix que celui-ci pour préserver notre civilisation commune et notre coexistence et notre dignité à tous.

Il n’y a pas non plus de doute sur le fait que des grands événements se produisent actuellement dans notre région, en Syrie et notamment à Alep, ainsi que les répercussions de la victoire imminente et promise à Alep sur l’ensemble de la guerre en Syrie, et même sur toute la guerre dans la région. De même, ce qui se passe à Mossul, les développements à l’intérieur de la Palestine occupée, au Yémen et dans toute la région, méritent qu’on s’y arrête longuement, mais permettez-moi ce soir, malgré l’importance et le caractère majeur des événements de la région, de laisser cela pour un autre moment, bientôt si Dieu le veut, et les faits seront plus clairs et décisifs encore, et la situation parlera alors d’elle-même, mais je vais ce soir me consacrer à la situation interne au Liban (suite à l’élection du Président Michel Aoun).
[…]

Bachar al-Assad : « La défaite des terroristes à Alep est celle de l’Occident »

Interview à Russia Today, 14 décembre 2016

Source : https://www.rt.com/news/370283-bashar-assad-rt-interview/

Traduction : http://www.lecridespeuples.fr/

Transcription :

RT : Monsieur le Président, merci beaucoup d’avoir accepté de nous recevoir.
Bachar al-Assad : Vous êtes les bienvenus à Damas.
RT : Nous commençons avec Alep, bien sûr. Alep connaît actuellement ce qui est peut-être les combats les plus féroces depuis que la guerre a commencé il y a près de six ans ici en Syrie. Mais les politiciens et les médias occidentaux portent un regard très négatif au sujet de l’avance de votre armée. Pourquoi cela se produit-il selon vous ? La considèrent-ils comme leur propre défaite?
Bachar al-Assad : En fait, après qu’ils aient échoué à Damas, parce que le récit des 3 premières années était « la libération de Damas des mains de l’Etat ». Quand ils ont échoué, ils sont allés à Homs, puis (ils ont échoué à Homs et) ils se sont concentrés sur Alep durant les 3 dernières années. Et pour eux, c’était la dernière carte majeure à jouer sur le champ de bataille syrien.
Bien sûr, ils ont toujours des terroristes dans différentes régions de la Syrie, mais ce n’est pas comme Alep qui est la deuxième plus grande ville (du pays), qui a une dimension politique, militaire, économique, et même morale (toute particulière) lorsque leurs terroristes sont vaincus.
Donc pour eux, la défaite des terroristes est la défaite de leurs forces par procuration, pour dire les choses clairement. Ce sont leurs forces par procuration, et pour eux, la défaite de ces terroristes est la défaite de tous les pays qui les ont supervisés, que ce soit des pays régionaux ou des pays occidentaux comme les États-Unis en premier lieu, la France et le Royaume-Uni.
RT : Vous pensez donc qu’ils considèrent cela comme leur propre défaite, n’est-ce pas ?
Bachar al-Assad : Exactement, c’est ce que je veux dire. La défaite des terroristes est leur propre défaite parce qu’ils constituent leur véritable armée sur le terrain. Ces pays ne sont pas directement intervenus en Syrie : ils sont intervenus à travers ces forces par procuration. Voilà comment nous devons considérer les choses si nous voulons être réalistes, indépendamment de leurs déclarations, bien sûr.
RT : Palmyre est maintenant une autre zone de troubles, et elle a été prise par Daech. Mais nous n’entendons pas beaucoup de condamnations à ce sujet. Est-ce pour la même raison ?

Bachar al-Assad : Exactement, car si Palmyre avait été prise par le gouvernement, ils auraient exprimé des craintes à propos du patrimoine historique. Lorsqu’on libère Alep des terroristes, les responsables occidentaux et les médias dominants expriment des craintes au sujet des civils. Mais ils ne s’inquiètent pas lorsque c’est l’inverse qui se produit, lorsque les terroristes tuent ces civils ou attaquent Palmyre et commencent à détruire le patrimoine de l’humanité – et pas seulement de la Syrie.
Exactement, vous avez raison. Car si vous considérez le moment choisi pour l’attaque contre Palmyre, vous voyez bien qu’il est lié à ce qui se passe à Alep. C’est une réponse à ce qui se passe à Alep, à l’avance de l’Armée Arabe Syrienne, et ils ont voulu saper la victoire à Alep et en même temps distraire l’armée syrienne d’Alep pour l’attirer vers Palmyre et stopper sa progression. Mais bien sûr, cela n’a pas marché.
RT : Il y a également des informations selon lesquelles le siège de Palmyre ne serait pas seulement lié à la bataille d’Alep, mais également à ce qui se passait en Irak. La coalition menée par les Etats-Unis, qui comporte près de 70 pays, aurait permis aux combattants de Daech à Mossul de partir, ce qui aurait renforcé Daech ici en Syrie. Pensez-vous que cela puisse être le cas ?
Bachar al-Assad : C’est possible, mais ce serait seulement pour laver les mains des hommes politiques américains (et les libérer) de leur responsabilité dans cette attaque. Ils prétendent que l’armée irakienne a attaqué Mossul et que Daech a quitté Mossul pour la Syrie, voilà tout, mais ce n’est pas l’explication.
Pourquoi ? Car les terroristes ont attaqué Palmyre avec une puissance de feu et des effectifs d’une nature et d’une ampleur sans précédent, que Daech n’a jamais eus auparavant dans cette guerre. Ils ont attaqué sur un front très large, des dizaines de kilomètres, ce qui peut correspondre à plusieurs armées. Daech n’a pu réaliser cela qu’avec le soutien de différents Etats, pas seulement d’un seul Etat mais de plusieurs. Ils sont arrivés avec des mitrailleuses, des canons et de l’artillerie différents. Ils n’ont pu progresser dans ce désert que sous la supervision de l’alliance américaine qui est censée les attaquer à Raqqa, Mossul et Deir-Ezzor. Mais cela n’a pas eu lieu, ils ont fermé les yeux sur les actions de Daech ou même, et c’est ce que je crois, ils les ont eux-mêmes poussés vers Palmyre.
Il ne s’agit pas de Mossul, nous ne devons pas tomber dans ce piège. Il s’agit de Raqqa et Deir-Ezzor, tout près, seulement à quelques centaines de kilomètres, Ils ont pu venir sous la supervision des satellites et des drones américains, et avec le soutien américain.
RT : Quel est l’état des forces de Daech aujourd’hui ?
Bachar al-Assad : Leur force est à la hauteur du soutien qu’ils obtiennent de l’Occident et des puissances régionales. En réalité, si on les considère de manière isolée, ils ne sont pas forts, car ils n’ont pas d’incubateur social naturel. Sans cela, les terroristes ne peuvent pas avoir assez de force.
Le véritable soutien qu’ils ont (l’argent, les investissements pétroliers, le soutien des forces aériennes de l’alliance américaine…) est la (seule) cause de leur force, et c’est pourquoi (je vous dis) que leur force est à la hauteur de celle de leur soutiens ou superviseurs.
RT : A Alep, nous avons entendu que vous aviez permis à certains de ces terroristes de quitter librement le champ de bataille. Pourquoi faire cela ? Il est clair qu’ils peuvent revenir à Idlib, par exemple, se procurer des armes et se préparer à d’autres attaques, puis peut-être retourner attaquer ceux qui libèrent Alep.
Bachar al-Assad : Exactement, c’est vrai, et cela se produit depuis plusieurs années. Mais il faut toujours considérer les avantages et les inconvénients, et quand les gains sont supérieurs aux pertes, il faut y aller. Dans ce cas, notre priorité est de préserver la zone de la destruction causée par la guerre, protéger les civils qui y vivent, laisser la possibilité à ces civils de quitter cette zone par des couloirs humanitaires pour rejoindre celles contrôlées par le gouvernement et donner la chance à ces terroristes de changer d’avis, de rejoindre le gouvernement, de retourner à leur vie normale et d’être amnistiés.
S’ils ne le font pas, ils peuvent partir avec leurs armes, avec les inconvénients que cela implique, mais ce n’est pas notre priorité, car si vous les combattez dans n’importe quel autre secteur en dehors des villes, vous aurez moins de destructions et moins de victimes parmi les civils, voilà la raison.
RT : J’ai l’impression que vous les appelez terroristes, mais qu’en même temps, vous les traitez comme des êtres humains, vous leur dites : « Vous avez une chance de retourner à la vie normale. »
Bachar al-Assad : Exactement. Ce sont des terroristes parce qu’ils portent des mitrailleuses, ils tuent, ils détruisent, ils commettent des actes de vandalisme, et ainsi de suite. C’est naturel – partout dans le monde on qualifie ces actes de terrorisme.
Mais en même temps, ce sont des êtres humains qui ont commis des actes de terrorisme. Ils pourraient être d’autres personnes. Ils ont rejoint les terroristes pour différentes raisons, que ce soit par crainte, pour l’argent, parfois pour des raisons idéologiques. Donc, si vous pouvez les faire retourner à leur vie normale, pour qu’ils redeviennent des citoyens normaux, c’est notre travail en tant que gouvernement.
Il ne suffit pas de dire : « Nous allons combattre les terroristes ». La lutte contre les terroristes c’est comme un jeu vidéo. Vous pouvez détruire votre ennemi, mais le jeu va générer et régénérer des milliers d’autres ennemis, donc vous ne pouvez pas le traiter à la manière américaine : simplement tuer, encore tuer ! Ce n’est pas notre objectif ; c’est notre dernière option. Si vous pouvez changer les choses, c’est une bonne option.
Et cela a fonctionné. Cela a été un succès car un grand nombre de ces terroristes, quand ils changent de perspective, certains reviennent à une vie normale et certains rejoignent l’armée syrienne, ils combattent avec l’armée syrienne contre les autres terroristes. C’est un succès, de notre point de vue.
RT : Monsieur le Président, vous venez de dire qu’on gagne et qu’on perd. Considérez-vous en avoir fait suffisamment pour minimiser les pertes civiles durant ce conflit ?
Bachar al-Assad : Nous faisons de notre mieux. Ce qui est suffisant, c’est subjectif, chacun peut le voir à sa façon. Au bout du compte, ce qui est assez, c’est ce que vous êtes capables de faire. Ma capacité en tant que personne, la capacité du gouvernement, la capacité de la Syrie en tant que petit pays qui fait face à une guerre soutenue par des dizaines de pays, des centaines de chaînes médiatiques dominantes et d’autres moyens qui oeuvrent contre vous.
Donc, cela dépend de la définition de « suffisamment », c’est, comme je l’ai dit, très subjectif, mais je suis certain que nous faisons de notre mieux. Au final, rien n’est suffisant, et les actions humaines sont toujours pleines de choses bonnes et justes et imparfaites ou erronées, disons, c’est quelque chose de naturel.
RT : Les pays occidentaux ont demandé à maintes reprises à la Russie et à l’Iran de faire pression sur vous pour mettre fin aux violences, comme ils disent. Tout récemment, six pays occidentaux, dans un message sans précédent, ont à nouveau demandé à la Russie et à l’Iran de faire pression sur vous, exigeant un cessez-le-feu à Alep.
Bachar al-Assad : Oui.
RT : Allez-vous le faire ? Ils demandent un cessez-le-feu au moment même où votre armée progresse.
Bachar al-Assad : C’est exactement ça. Il est toujours important en politique de lire entre les lignes, de ne pas s’arrêter à la lettre. Ce qu’ils demandent importe peu. La traduction de leur déclaration c’est : « Vous les Russes, s’il vous plaît, stoppez l’avance de l’armée syrienne contre les terroristes. » C’est le sens de leur déclaration, oubliez le reste : « Vous êtes allés trop loin dans votre victoire contre les terroristes, cela ne devait pas se produire. Vous devriez dire aux Syriens de mettre fin à cela. Nous devons préserver les terroristes et les sauver. » Voici en bref (le sens de leur appel).
Deuxièmement, la Russie n’a jamais – ni ces jours-ci, ni pendant la guerre, ni avant la guerre, ni à l’époque de l’Union Soviétique – la Russie n’a jamais essayé d’interférer dans nos prises de décision. Jusqu’à présent, chaque fois que la Russie avait des opinions ou des conseils, peu importe comment on les considère, ils finissaient toujours par dire : « C’est votre pays, vous savez quelle est la meilleure décision à prendre. C’est comme ça que nous voyons les choses, mais si vous les voyez de façon différente, vous savez mieux que nous, c’est vous les Syriens. » Ils sont réalistes, ils respectent notre souveraineté et défendent toujours la souveraineté qui repose sur le droit international et la Charte des Nations unies. Il ne leur est donc jamais arrivé de faire pression, et ils ne le feront jamais. Ce n’est pas leur façon de faire.
RT : Dans quel été se trouve actuellement l’armée syrienne ?
Bachar al-Assad : Il faut l’évaluer par rapport à deux choses : tout d’abord à la guerre elle-même et ensuite à la taille de la Syrie. La Syrie n’est pas un grand pays, donc elle ne peut pas avoir une grande armée en termes quantitatifs. Le soutien de nos alliés a été très important, en particulier de la Russie et de l’Iran. Après six ans, ou presque six ans, de guerre, ce qui est plus long que la Première et la Seconde Guerres mondiales, il est sûr et évident que l’armée syrienne ne peut pas être aussi large qu’elle l’était auparavant.
Mais ce que nous avons c’est la détermination à défendre notre pays. C’est la chose la plus importante. Notre armée a perdu tant de vies, nous avons tant de martyrs, tant de soldats handicapés. Nous avons subi des pertes énormes en matériel. Du point de vue des chiffres, nous avons perdu beaucoup, mais nous avons toujours cette détermination. Et je peux vous dire que cette détermination est beaucoup plus forte qu’avant la guerre. Mais bien sûr, nous ne pouvons pas ignorer le soutien de la Russie, celui de l’Iran, qui rendent notre détermination plus efficace et concrète.
RT : Le Président Obama a tout récemment suspendu l’interdiction d’armer certains rebelles syriens.
Bachar al-Assad : Oui.
RT : Comment cela pourrait-il, à votre avis, se traduire sur le terrain ? Cela est-il susceptible de renforcer directement ou indirectement les terroristes ?
Bachar al-Assad : Nous ne sommes pas sûrs qu’il a levé cet embargo au moment où il l’a annoncé. Il a pu l’avoir levé plus tôt, mais il l’a annoncé plus tard en vue de lui donner, disons, une légitimité politique. C’est la première chose.
Le deuxième point est très important : la date de l’annonce et l’attaque contre Palmyre coïncident. Il existe un lien direct entre ces deux événements, et la question est donc : à qui ces armements sont-ils envoyés ? Dans quelles mains vont-ils se retrouver ? Dans les mains de Daesh et du Front al-Nosra qui se coordonnent entre eux.
L’annonce de la levée de l’embargo est donc directement liée à l’attaque contre Palmyre et au soutien d’autres terroristes à l’extérieur d’Alep, parce que lorsqu’ils subissent une défaite à Alep, les Etats-Unis et l’Occident ont besoin de soutenir leurs forces par procuration ailleurs, parce qu’ils n’ont aucun intérêt à résoudre le conflit en Syrie.

Ainsi, le but crucial de cette annonce est de créer plus de chaos, car les Etats-Unis créent le chaos afin de le gérer, et lorsqu’ils le gèrent, ils souhaitent utiliser les différents facteurs de ce chaos pour exploiter les différentes parties du conflit, qu’elles soient internes ou externes.


RT : Monsieur le Président, comment vous sentez-vous en tant que petit pays au milieu de cette trombe d’autres pays qui n’ont aucun intérêt à mettre fin à cette guerre ?
Bachar al-Assad : Exactement. C’est quelque chose que nous avons toujours ressenti, avant même cette guerre, mais aujourd’hui on le ressent encore plus, bien sûr, parce que les petits pays se sentent plus en sécurité lorsqu’il y a un équilibre international. Nous avons ressenti ce que vous évoquez après l’effondrement de l’URSS, quand il n’y avait plus que l’hégémonie américaine, et les Etats-Unis souhaitaient en faire à leur guise et dicter leur politique à tout le monde. Ce sont les petits pays qui souffrent le plus.
Nous le sentons donc aujourd’hui, mais en même temps, il y a plus d’équilibre aujourd’hui avec le rôle de la Russie. C’est pourquoi nous considérons que plus la Russie est forte – et je ne parle pas seulement de la Syrie, mais de tout petit pays dans le monde –, plus la Russie est forte, plus la Chine émerge, plus nous nous sentons en sécurité.
La situation dans laquelle nous vivons est très douloureuse, à tous les niveaux : au niveau humanitaire, des sentiments, des pertes, à tous les niveaux. Mais en fin de compte, la question n’est pas de perdre ou de gagner ; il s’agit de gagner ou de perdre votre pays. C’est une menace existentielle pour la Syrie. Ce n’est pas un gouvernement qui va perdre face à un autre gouvernement, ou une armée face à une autre armée ; soit le pays va gagner, soit il va disparaître. Voilà comment nous considérons les choses. C’est pourquoi vous n’avez pas le temps de ressentir la douleur ; vous n’avez de temps que pour lutter, vous défendre et faire quelque chose sur le terrain.
RT : Parlons du rôle des médias dans ce conflit.
Bachar al-Assad : Très bien.
RT : Tous les belligérants de cette guerre ont été accusés d’avoir causé des victimes civiles, mais les médias occidentaux ont gardé un silence presque total au sujet des atrocités commises par les rebelles. Quel rôle les médias jouent-ils dans ce conflit ?
Bachar al-Assad : En premier lieu, les médias dominants ainsi que leurs confrères parmi les hommes politiques souffrent depuis quelques décennies d’une corruption morale. Ils n’ont aucune morale. Quelle que soit la chose dont ils parlent, qu’ils évoquent ou qu’ils utilisent comme masque (les droits de l’homme, les civils, les enfants…), ils ne recourent à tout cela que pour leur agenda politique, afin de toucher leur opinion publique et de la pousser à les soutenir dans leur intervention dans cette région, qu’il s’agisse d’une intervention militaire ou politique. Ils n’ont donc aucune crédibilité à cet égard.
Il suffit de regarder ce qui se passe aux Etats-Unis, où une véritable rébellion a lieu contre les médias dominants, parce qu’ils ont menti et continuent à mentir à leur public. Nous pouvons dire que l’opinion publique ou les populations en Occident ignorent ce qui se passe vraiment dans notre région, mais ils savent au moins que les médias dominants et leurs hommes politiques leur ont menti pour servir leurs propres intérêts et leur agenda.
C’est pourquoi je ne pense pas que les médias dominants puissent encore faire croire à leurs histoires, et c’est pourquoi ils luttent pour leur survie en Occident, bien qu’ils aient une très grande expérience et des soutiens, de l’argent et des ressources considérables. Mais il leur manque néanmoins quelque chose d’essentiel pour survivre : la crédibilité. Ils n’en ont pas, ils l’ont perdue. Ils ne sont pas transparents, et c’est pourquoi ils ne sont donc plus crédibles.
C’est pourquoi ils font preuve de tant de lâcheté aujourd’hui, ils ont peur de votre chaîne [Russia Today], de toute déclaration qui pourrait révéler la vérité, parce que cela démystifierait leurs manipulations. Voilà pourquoi.
RT : Par exemple, l’agence de presse Reuters a cité Amaq, l’organe de propagande de Daesh, à propos du siège de Palmyre.
Bachar al-Assad : Oui.
RT : Pensez-vous qu’ils donnent de la légitimité aux extrémistes en agissant ainsi, en citant leurs médias ?
Bachar al-Assad : Même s’ils ne citent pas leurs agences de presse, ils adoptent de toute façon leur rhétorique. Mais si vous considérez l’aspect technique de la manière dont Daech se présente depuis le début, via ses vidéos, les actualités, les médias en général et les relations publiques, ils utilisent des techniques occidentales. Regardez bien, c’est très sophistiqué.
Comment quelqu’un qui est assiégé, méprisé partout dans le monde, attaqué par des avions, que le monde entier veut chasser de chaque ville qu’il occupe, comment un tel groupe pourrait-il se montrer aussi sophistiqué, à moins d’être parfaitement à son aise et de recevoir tout le soutien possible ? Ce n’est pas tant Amaq qu’il faut souligner selon moi, mais bien le fait que l’Occident épouse le point de vue des terroristes, parfois directement et parfois de façon indirecte.
RT : Donald Trump prendra ses fonctions de Président américain dans quelques semaines. Vous avez mentionné l’Amérique de nombreuses fois aujourd’hui. Qu’attendez-vous de la nouvelle administration américaine ?
Bachar al-Assad : Sa rhétorique pendant la campagne a été positive au sujet du terrorisme, qui est notre priorité aujourd’hui. Toute autre chose n’est pas prioritaire, donc je ne vais concentrer sur rien d’autre, le reste est américain, disons, des questions internes, cela ne me concerne pas.
Mais la question est de savoir si Trump a la volonté ou la capacité de mettre en œuvre ce qu’il vient de mentionner. Vous savez que la plupart des médias dominants et des grandes entreprises, les lobbies, le Congrès, même certains de son parti étaient opposés à lui. Ils veulent avoir plus d’hégémonie, plus de conflits avec la Russie, plus d’ingérence dans les différents pays, renverser les gouvernements, et ainsi de suite. Il a dit quelque chose qui allait dans l’autre sens. Pourra-t-il tenir ce cap contre tous ceux-là quand il prendra ses fonctions le mois prochain ? Telle est la question.
S’il le pouvait, je pense que le monde sera différent, parce que la chose la plus importante, comme je l’ai mentionné, est la relation entre la Russie et les États-Unis. S’il va vers cette relation, la plupart des tensions dans le monde seront apaisées. C’est très important pour nous en Syrie, mais je ne pense pas que quiconque ait la réponse à cela. Premièrement, ce n’était pas un homme politique, donc, nous n’avons aucune référence pour le juger. Deuxièmement, personne ne peut prévoir comment iront les choses le mois prochain et au-delà.
RT : La situation humanitaire en Syrie est catastrophique, et Mme Mogherini, chef de la politique étrangère de l’UE, nous dit que l’UE est la seule entité à fournir de l’aide humanitaire à la Syrie. Est-ce vrai ?
Bachar al-Assad : En réalité, toute l’aide envoyée par les pays occidentaux était destinée aux terroristes, pour être parfaitement clair, franc et transparent. Ils ne se sont jamais souciés de la moindre vie humaine syrienne. Nous avons beaucoup de villes en Syrie qui restent, jusqu’à aujourd’hui, entourées et assiégées par les terroristes. Ils ont fait en sorte que rien ne puisse leur parvenir : nourriture, eau, quoi que ce soit, tous les besoins fondamentaux de la vie. Bien sûr, ils les attaquent quotidiennement par des tirs de mortiers et essaient de les tuer. Qu’est-ce que l’UE leur a envoyé ? S’ils s’inquiètent des vies humaines, s’ils parlent de l’aspect humanitaire, parce que lorsque vous parlez de l’aspect ou du problème humanitaire, vous ne faites pas de discrimination. Tous les Syriens sont des humains, tous les gens sont des humains. Mais ils ne le font pas. C’est le double standard, c’est le mensonge qu’ils continuent à raconter, et ça devient un mensonge ignoble, que personne ne croit plus. Ce n’est pas vrai, ce qu’elle a prétendu est faux.
RT : Certains suggèrent que pour la Syrie, la meilleure solution serait une partition en différents pays gouvernés par les sunnites, les chiites, les Kurdes. Serait-ce possible ?
Bachar al-Assad : C’est l’espoir ou le rêve de l’Occident et de certains pays de la région, et ce n’est pas nouveau, pas lié à cette guerre. C’était avant la guerre, et des cartes ont été composées en vue de cette division et cette désintégration. Mais en fait, si vous regardez la société d’aujourd’hui, la société syrienne est plus unifiée qu’avant la guerre. C’est la réalité. Je ne dis pas cela pour donner courage à qui que ce soit, je ne m’adresse pas ici au public syrien de toute façon, je parle de la réalité.
En raison des leçons de la guerre, la société est devenue plus réaliste et pragmatique et beaucoup de Syriens ont compris les dangers du fanatisme, et de toute forme d’extrémisme, pas seulement religieux : politiquement, socialement, culturellement, tout cela est dangereux pour la Syrie. Ce n’est qu’en s’acceptant les uns les autres, en se respectant que nous pouvons vivre ensemble et avoir un pays.
Alors, en ce qui concerne la désintégration de la Syrie, si cette désintégration n’est pas effective au sein de la société, parmi les différentes nuances et couches de la société syrienne, le tissu syrien, vous ne pouvez pas avoir de division. Ce n’est pas une simple carte à dessiner, je veux dire, même si vous avez un pays au sein duquel les gens sont divisés, il y a désintégration. Regardez l’Irak, c’est un même pays, mais il est désintégré en réalité.
Donc non, je ne suis pas inquiet à ce sujet. Les Syriens n’accepteront jamais cela. Je parle maintenant de la grande majorité des Syriens, parce que ce n’est pas nouveau, ce n’est pas un sujet qui est apparu durant les dernières semaines ou les derniers mois. C’est le sujet de cette guerre. Donc après près de six ans, je peux vous dire que la majorité des Syriens n’accepteraient rien en rapport avec la désintégration, ils vont vivre comme une seule Syrie.
RT : En tant que mère, je ressens la douleur de toutes les mères syriennes. Je parle des enfants en Syrie, que leur réserve l’avenir ?
Bachar al-Assad : C’est l’aspect le plus dangereux de notre problème, et pas seulement en Syrie, mais où que vous parliez de cette sombre idéologie wahhabite, parce que beaucoup de ces enfants qui sont devenus jeunes au cours de la dernière décennie, ou plus d’une décennie, qui ont rejoint les terroristes sur une base idéologique, pas par manque d’argent ou quoi que ce soit d’autre, ou par espoir, disons, ils venaient de familles ouvertes d’esprit. Des familles instruites, des familles intellectuelles. Donc, vous pouvez imaginer la force du terrorisme.
RT : Donc vous pensez que c’est arrivé à cause de leur propagande ?
Bachar al-Assad : Exactement, parce que cette idéologie est très dangereuse, et elle ne connaît pas de frontières, pas de frontières politiques, et Internet a aidé ces terroristes à utiliser des outils rapides et peu coûteux pour promouvoir leur idéologie, et ils pourraient infiltrer n’importe quelle famille n’importe où dans le monde, que ce soit en Europe, dans votre pays, dans mon pays, n’importe où.
RT : Et c’est ce qui se passe.
Bachar al-Assad : Vous avez une société séculière, j’ai une société séculière, mais cela n’a pas empêché la société d’être infiltrée. Avez-vous une contre-idéologie pour faire face à cela ? Effectivement. Parce qu’ils ont construit leur idéologie sur l’Islam, vous devez recourir à la même idéologie, en utilisant le véritable islam, le véritable islam modéré, afin de contrer leur idéologie. C’est la manière la plus rapide, disons.
Si nous voulons parler du moyen terme et du long terme, il s’agit de savoir dans quelle mesure vous pouvez faire évoluer la société, la façon dont les gens analysent et pensent, parce que cette idéologie ne peut fonctionner que lorsque vous ne pouvez pas analyser, quand vous ne savez pas réfléchir correctement. Donc, il s’agit de l’algorithme de l’esprit, si vous avez un système d’exploitation naturel ou sain, pour faire une analogie avec l’informatique, si vous avez de bons systèmes d’exploitation dans l’esprit, ils ne peuvent pas l’infiltrer comme un virus.
Donc, il s’agit de l’éducation, des médias et de la politique parce que parfois, quand on a une cause, une cause nationale et que les gens perdent espoir, on peut pousser ces gens vers l’extrémisme, et c’est l’une des influences dans notre région depuis les années 1970, après la guerre entre les Arabes et les Israéliens, et l’échec de la paix dans tous les aspects (échec de la reconquête de la terre, de l’octroi de la terre et des droits au peuple [palestinien]), vous avez plus de désespoir, et cela a joué entre les mains des extrémistes. C’est là que les Wahhabites trouvent un sol fertile pour promouvoir leur idéologie.
RT : Monsieur le Président, je vous remercie beaucoup pour votre temps, et je souhaite à votre pays la paix et la prospérité, et dès que possible.
Bachar al-Assad : Merci beaucoup d’être venus.
RT : La situation a été très difficile, et je souhaite que tout cela finisse bientôt. Merci.
Bachar al-Assad : Je vous remercie beaucoup d’être venus en Syrie. Je suis très heureux de vous recevoir.